L’amusnaw Hadj Mokhtar At Sayd réhabilité par les siens


Il y avait beaucoup de monde, samedi dernier, à Tiroual, village juché sur la montagne du Djurdjura, dans la commune d’Aït-Boumehdi, à l’extrême sud de la wilaya de Tizi-Ouzou.  Des hommes de culture, les représentants de comités de villages, des élus locaux et beaucoup de citoyens anonymes se sont donné rendez-vous à Tiroual pour être d’un double événement heureux : l'inauguration de deux stèles, l'une à la mémoire des 36 martyrs tombés au champ d'honneur au lieu-dit Taghzout et l'autre à l'effigie de Hadj Mokhtar At Sayd, amusnaw, poète et l'un des chefs de guerre qui ont conduit les troupes kabyles en 1830 à la bataille de Staouéli contre l'invasion française et dont la toute nouvelle association socioculturelle du village porte le nom.  En 1851, Hadj Mokhtar était l'un des chefs des fantassins qui ont mené une action contre les cavaliers makhzen des Abid Chamlal et il demeurera dans la résistance jusqu'à l'occupation de la Kabylie, après la défaite lors de la bataille d'Icharidhen, en 1857. C’est en tout cas ce que l’on peut lire dans la biographie de l'amusnaw : Hadj Mokhtar At Sayd n Tiroual de M. Aomar Mohammed Oussaïd Cette statue de Hadj Mokhtar At Sayd a été l’œuvre de l’artiste sculpteur Djamal Chadli, venu de la lointaine Malacca, appellation numide de Guelma, originaire de la tout aussi lointaine M’daourouch, dont Apulée de Madaure, cet autre Amazigh de cette région qui a donné à l’humanité le premier roman, L’âne d’or. Un artiste auquel l’association organisatrice de l’événement a tenu à rendre un vibrant hommage.  «T’es venu de Malacca (appellation numide), de Heliopolis qui deviendra Guelma à Tiroual, ce village campé au pied de la montagne de fer (Mont Ferratus). Tu y as trouvé tes frères et des sœurs qui, avec toi, partagent l’ADN de l’amusnaw Lhadj Lmexttar Nat Sayd. Et c’est tout naturellement que tu es Tiroualien, pas seulement de cœur : de fait. Tu as grandement participé à réhabiliter une personnalité d’envergure nationale en signant pour la postérité une œuvre d’art qui exprime toute la grandeur et la splendeur de tamazgha. Tiroual, ton désormais village, te dit : Merci l’artiste !», écrit le président de l’association socioculturelle Lhadj Lmexttar Nat Sayd qui a, par ailleurs, tenu à dénoncer une tentative de récupération de l’événement par le tristement célèbre Zitout.   Le samedi 26 septembre, nous, association Lhadj Lmexttar Nat Sayd, du village Tiroual (dans la commune de Aït Boumehdi, w.Tizi-Ouzou), avons rappelé à la mémoire la personnalité et le parcours de l’amusnaw-poète Lhadj Lmexttar. «Après l’inauguration de la stèle à l’effigie de l’amusnaw et alors que la procession d’invité(e)s se dirigeait vers le second site où était prévu le dépôt d’une gerbe de fleurs à la mémoire des 36 fusillés au lieudit Taghzout, un groupe de jeunes reprenait les slogans du Hirak.» Les «intrus-hirakistes» ont tout de suite été rappelés à l’ordre. Cela aurait pu s’arrêter là. Mais voilà que le soir même, embusqué et tapi à l’ombre de Londres, le tristement célèbre Zitout diffuse une vidéo, envoyée sans doute par l’un de ses sbires, sur le sujet.  Fin qu’il est dans l’art du mensonge et de la manipulation, il laissera entendre que l’heureux évènement de Tirwal «flirte» avec son «hirak», écrit l’association Lhadj Lmexttar Nat Sayd qui, en compagnie de l’ensemble des citoyens du village Tiroual, se «démarquent du fantasme de Zitout et affirment qu’ils ne se reconnaissent pas dans sa vidéo et, encore moins, dans son ‘’hirak’’, mais dans tanekkra, la Révolution de Lhadj Lmexttar, Abane Ramdane, Larbi Ben M’hidi, Djaout… et tous ceux et celles qui se battent pour une Algérie madaniya».  Mohammed Kebci  


Le Soir d
Publié la première fois le 01/10/2020 12:00
Rapport généré le 20/10/2020
Presse algérie

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