4e jour du boycott des procès à Alger : Le mouvement toujours très suivi


Le mouvement de grève et de «boycottage» de l’activité judiciaire, lancé dimanche dernier à l’appel de l’Ordre des avocats d’Alger, était hier encore très suivi par la corporation. Les tribunaux d’Alger continuaient à être désertés par les avocats, alors que les audiences continuent pour leur part à ne traiter que les seuls dossiers des prévenus qui renonçaient à être défendus ou représentés par un avocat. Ce mouvement de grève, mais aussi de «protestation», décidé pour «une semaine» jusqu’au 4 octobre prochain, pourrait également être «prolongé», nous avaient précisé certains avocats lors du lancement du «boycott». Ainsi, au quatrième jour de grève, les tribunaux d’Alger, notamment la Cour d’Alger (Ruisseau), continuaient hier de subir les conséquences du mouvement de grève des avocats. Les salles d’audiences restaient ouvertes, les juges, les prévenus et le public présents… mais les jugements étaient eux pour la plupart reportés. Une situation qui touche les procès de citoyens «anonymes» mais également les «affaires» médiatisées depuis plusieurs semaines, notamment celle de Mourad Oulmi, dont le prononcé du verdict a été reporté au 10 octobre, et la poursuite du procès Mahieddine Tahkout ajourné jusqu’au 21 octobre. Les juges interrogent, en effet, chaque prévenu depuis le début de la grève sur leur volonté d’être défendu on non par un avocat. Une majorité des personnes en jugement demandent le «report», avons-nous constaté sur place. Mouvement de grève, décidé pour rappel au lendemain de l’incident survenu entre la Cour et le bâtonnier Abdelmadjid Sellini lors de l’audience du jeudi 24 septembre du procès de Mourad Oulmi, l’un des «grévistes», avocat de la défense dans l’affaire de l’ex-président du FCE Ali Haddad, nous avait néanmoins précisé que cet «incident» n’était pour lui qu’une sorte de déclencheur. «Il ne s’agit pas seulement de ce qui s’est passé avec Maître Abdelmadjid Sellini (…) ce sont des situations que nous avons tous rencontrées». Il nous explique également que le but du mouvement, devenu national, était de «défendre les droits de la défense (…) Nous suivrons toutes les procédures légales pour cela, nous ne fermerons plus les yeux». D’autres avocats interrogés lors du lancement du mouvement de grève avaient, quant à eux, précisé qu’il était à leurs yeux «important» de rejoindre le «boycott», en saluant en ce sens la décision des avocats des autres wilayas du pays. Les mêmes interlocuteurs n’écartent également pas que le mouvement se poursuive a l’issue de la «semaine» de grève. Audiences qui restent ainsi en large partie paralysées et presque automatiquement reportées à «plus tard». Il est, cependant, à préciser que les «autres» services du tribunal, dont l’enregistrement de demandes, ou le retrait des documents administratifs, tels que les casiers judiciaires, se poursuivait hier dans les conditions habituelles. Partagez :Cliquer pour imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Articles similaires


Reporters
Publié la première fois le 01/10/2020 10:07
Rapport généré le 24/10/2020
Presse algérie

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