Au carrefour des intérêts


Pour ceux qui ne voulaient pas le voir, ou qui faisaient semblant de l’ignorer, l’Algérie n’est pas une île isolée. Sa sécurité dépend avant tout de celle des pays voisins, surtout ceux avec qui elle a des frontières. Mais, il y a également d’autres paramètres à ne pas négliger. Entre autres, l’influence des grandes puissances sur les pays du Maghreb et ceux du Sahel. D’où l’importance à accorder à la visite du Secrétaire d’Etat américain à la Défense, Mark Esper, attendu ce jeudi à Alger. Elle est d’autant à décortiquer qu’elle survient une semaine après celle du Général d’armée Stephen Townsend, chef du Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom). L’intérêt des Américains pour l’Algérie est loin d’être anodin. Il est question avant tout d’intérêts américains à sauvegarder et à «amplifier», que ce soit dans le Maghreb ou encore dans le Sahel. La coopération sécuritaire entre les deux pays sera sans aucun doute l’axe principal des entretiens que devrait avoir Mark Esper avec les plus hautes autorités algériennes. L’instabilité dans laquelle surnage la région depuis plusieurs années déjà a pris une autre tournure ces derniers temps. La prise du pouvoir par les militaires au Mali et l’attentat terroriste du 9 août dernier, ayant coûté la vie à 8 personnes (dont 6 Français), sont venus s’ajouter à la guerre fratricide en Libye, pour démontrer que la situation dans la région est devenue explosive. Des conditions adéquates pour la prolifération des groupes terroristes, aux obédiences différentes, mais dont les objectifs restent les mêmes, déstabiliser tous les Etats du Maghreb et du Sahel. Les Américains comptent ainsi se placer au milieu de ce brouhaha explosif. Ce qui ne sera pas nouveau. Effectivement, les Etats-Unis, même s’ils restent discrets (au contraire de la France), sont, sur le plan militaire, bien présents sur le terrain. La présence militaire américaine dans le cadre des «activités» d’Africom ou autres formes est «ficelée» depuis des années déjà. L’installation de la fameuse base aérienne de drones, 201, à Agadez, au Niger, (en activité depuis novembre 2019), illustre au plus haut point l’implication américaine dans les opérations militaires lancées dans la région. D’ailleurs, l’opération «Barkhane» de la France au Mali s’appuie beaucoup sur cette force de frappe américaine. Une coordination qui rentre évidemment dans le cadre des intérêts communs entre les deux pays, mais surtout pour contrecarrer l’influence de plus en plus grandissante dans la région de la Russie et de la Chine. L’Algérie se retrouve ainsi impliquée, malgré elle, dans toutes les manœuvres de ces grandes puissances. Le non-alignement a peut-être disparu, mais la sauvegarde des intérêts reste toujours d’actualité. Partagez :Cliquer pour imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Articles similaires


Reporters
Publié la première fois le 01/10/2020 10:09
Rapport généré le 24/10/2020
Presse algérie

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