Le nouveau souffle de la Sonatrach


Par Arezki Louni La compagnie pétrolière nationale Sonatrach se «relooke». L’installation de son nouveau PDG, Toutik Hakkar, a ouvert de nouvelles perspectives au Groupe qui s’était englué, des années durant, dans des affaires de corruption et de malversations.    En sus de la restructuration de la compagnie, M. Hakkar s’est attelé à faire de cette dernière l’une des plus influentes au monde. Pas plus tard que la semaine dernière, Sonatrach a signé deux mémorandum d’entente, le premier avec le Groupe Sonatrach et le Groupe espagnol Cepsa et le second avec la société autrichienne OMV. Avec Cepsa, la signature de ce protocole permettra aux deux parties de «consolider leur partenariat existant à travers la recherche de nouvelles opportunités de coopération dans les hydrocarbures», a indiqué M. Hakkar, rappelant que Cepsa est un partenaire «historique» pour Sonatrach et la collaboration entre les deux parties avait commencé en 1992. Avec la compagnie autrichienne, il s’agit d’engager des discussions en vue d’identifier les possibilités pour les deux parties d’investir conjointement dans des opérations d’exploration, de développement et de production des hydrocarbures en Algérie, a indiqué, jeudi, un communiqué de Sonatrach. «Le mémorandum d’entente montre l’intérêt des deux parties à évaluer les opportunités de collaboration suite à la récente promulgation de la nouvelle loi sur les hydrocarbures», a précisé la même source. Basée à Vienne (Autriche), OMV est une société internationale pétrolière et gazière intégrée, avec une production journalière en amont de 487 000 bep/j en 2019, sur ses cinq régions principales de l’Europe centrale et orientale, du Moyen-Orient et d’Afrique, de la mer du Nord, de la Russie et de l’Asie Pacifique, a conclu le communiqué. Au volet restructuration du Groupe, Sonatrach se dote d’une nouvelle direction «Projet Cost» (Cost Optimization System Tracking), pour une meilleure rationalisation des coûts sur l’ensemble de ses activités, a rapporté hier l’agence officielle. L’annonce a été faite dans la dernière Newsletter de Sonatrach. «Le projet Cost s’inscrit pleinement dans le cadre des objectifs d’amélioration continue de l’entreprise. C’est un facteur déterminant pour assurer l’efficience de nos activités et assurer également une dynamique collaborative au sein de Sonatrach visant une amélioration durable», selon la newsletter de Sonatrach. Cette nouvelle direction s’ajoute à la mise en place d’une commission d’audit du groupe, annoncée par le chef de l’Etat. Le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar a insisté sur l’optimisation et la rationalisation des coûts, sans porter préjudice au fonctionnement de l’entreprise, afin d’améliorer, dans l’immédiat, sa compétitivité et sa résilience, constituant l’objectif principal de la Sonatrach actuellement. A noter que le projet Cost a, comme principal objectif, la mise en œuvre d’un programme durable de réduction des coûts et la réalisation des actions concrètes pour optimiser les dépenses permettant le renforcement de notre capacité de résilience et d’assurer la pérennité et la profitabilité de l’Entreprise à moyen et long terme. Lors de la cérémonie de son installation, M Hakkar a présenté les grandes lignes du plan d’action du Groupe, affirmant l’engagement de Sonatrach à s’acquitter de son rôle de leadership économique visant à créer une valeur ajoutée et à contribuer à la diversification de l’économie. Pour le nouveau PDG, il s’agit en outre d’œuvrer «à l’élargissement des périmètres de prospection et d’exploitation et la multiplication de ses opérations à travers l’ensemble du pays avec ce qu’il renferme comme gisements énergétiques offshore et onshore».  Lors d’un point de presse en marge de la cérémonie de signature de plusieurs accords de coopération avec la compagnie énergétique italienne Eni, M. Hakkar a fait savoir à propos des projets futurs de Sonatrach, que c’est dans le contexte de recul notamment des prix du pétrole et du gaz, suite à la crise de la Covid-19, que la compagnie nationale a procédé à la réduction de 50% de ses dépenses et à la révision de son plan d’investissement sans impacter l’activité de production. Il convient de rappeler que lors d’un récent Conseil des ministres, le président de la République a instruit d’engager un audit profond au niveau de la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach, lit-on dans le communiqué sanctionnant cette réunion présidée par visioconférence par le chef de l’Etat. Cet audit a pour but d’«évaluer son patrimoine», «réduire le nombre de ses représentations à l’étranger», «diminuer des postes de responsabilités qui ne sont pas liés au rendement ou à la rentabilité de l’entreprise» et «passer d’une gestion qui date d’une époque révolue vers une comptabilité analytique saine». C’est ce que le nouveau ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, n’a pas manqué de réitérer, tout en mettant en exécution les orientations du chef de l’Etat. 


le chiffre d
Publié la première fois le 01/08/2020 18:38
Rapport généré le 09/08/2020
Presse algérie

Plus d'articles