Tebboune ordonne la relance du projet sur des bases transparentes


Le gouvernement envisage de relancer certains grands projets à l’arrêt depuis l’annonce de leur réalisation. C’est le cas du grand port du centre El Hamdania situé à Cherchell, dont la décision de réalisation a été prise en 2012, mais aucune suite n’a été donnée pour la concrétisation de ce port censé servir de hub en Afrique. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a instruit, lors du Conseil des ministres, tenu dimanch,e le Premier ministre, d’étudier la relance de du port commercial d’El Hamdania avec le partenaire chinois « sur de nouvelles bases transparentes ».Le premier ministre Abdelaziz Djerad devrait ainsi « prendre de nouveau contact avec le partenaire chinois et d’étudier le projet sur de nouvelles bases transparentes pour le soumettre une seconde fois au Conseil des ministres, dans un délai maximum de trois mois », précise le communiqué de la présidence de la République.Le président de la République a été ferme avec le ministre des Travaux publics quant à l’impératif de la prise en main de ce méga projet, compte tenu de son importance sur le plan économique et stratégique, non sans rappeler les pertes qu’a dû essuyer l’économie nationale suite au retard. En plus d’impulser la dynamique de la vie économique avec elle son lot de création des postes d’emploi, cette infrastructure maritime commerciale permettra de désenclaver nombre de pays africains sans accès maritimes, souligne le chef de l’Etat. De son côté, le ministre des Travaux publics a précisé lors de l’exposé présenté sur ce méga projet que ce dernier comprenait trois lots : le port, les zones logistiques et industrielles ainsi que la pénétrante et la voie ferrée, objets de l’ensemble des opérations de base effectuées depuis le lancement, en novembre 2012, de l’étude d’identification du site.Pour ce qui est du financement de ce projet , il sera assuré par le Fonds national d’investissement (FNI) via un prêt et un crédit de la banque chinoise Exim-bank of China, affirme-t-on encore.Pour relier le projet au réseau national routier et ferroviaire, il est prévu la réalisation d’un tronçon autoroutier de 37 km pour le joindre à l’autoroute Est-Ouest, du côté ouest d’El Affroun (Blida) ainsi qu’une voie ferrée électrifiée entre la gare d’El Affroun et le port d’une longueur de 48 km. Concernant la durée de réalisation, elle est estimée à sept ans, les dossiers d’expropriation des terrains retenus et les enquêtes commodo incommodo ont été préparés avec les sommes d’indemnisation pour les personnes touchées par les expropriations (pour utilité publique) au niveau des wilayas de Blida et de Tipaza.Rappelons que le port d’El Hamdania de par son importance a suscité la convoitise de beaucoup d’entrepreneurs nationaux et a provoqué des désaccords parmi les décideurs de l’ère de « la 3issaba » quant au choix des partenaires étrangers pressentis pour sa réalisation.Il s’agissait surtout d’« une affaire juteuse » pour les responsables et nombre d’hommes d’affaire exerçant dans le BTP. Ces derniers ont été connus par leurs étroites relations avec du cercle présidentiel de l’époque.Au départ, les autorités publiques avait convenu avec un bureau d’études sud-coréen Yuill Engineering Co Ltd d’entreprendre l’étude afférente à la réalisation du projet avant d’annuler la démarche. Mais non sans pertes, car les Sud-coréens ont pu avoir dans leur escarcelle des dizaines de millions de dollars. En janvier 2016, les Chinois avaient procédé à la signature d’un contrat et décidaient d’installer leur bureau d’étude CHEC (China Harbour Engennering Compagny) en vue d’entamer à nouveau l’étude censée remplacer celle faite par les Sud-coréens. Les Chinois devaient ainsi exploiter cette infrastructure portuaire 35 ans après sa mise en service.Les malversations de certains responsables, dont nombre ont été incarcérés pour leur implication dans des affaires de corruption, ne se sont arrêtées à ce niveau. L’on ne tarde pas à trouver d’autre prétexte pour faire appel à un bureau d’étude européen (Ramboll-Anplea) pour, selon le motif avancé, « optimiser l’étude en cours » !Dans le sillage de ce « marchandage » au détriment du denier public, les initiateurs du grand projet d’EL Hamdania n’ont pas hésité à bénéficier les Kouninef et le Groupe ETRHB Haddad, d’où la nécessité, aujourd’hui, pour le chef de l’Etat de relancer ce mégaprojet sur des bases transparentes.Commentaires


Jeune Indépendant
Publié la première fois le 30/06/2020 04:20
Rapport généré le 14/07/2020
Presse algérie

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