Le procès de Tabbou renvoyé au 14 septembre prochain


Le président du tribunal correctionnel de Koléa près la cour de Tipasa a décidé, ce lundi, de renvoyer le procès de Karim Tabbou, président de l’Union démocratique et sociale (UDS) (parti non agréé), au 14 septembre prochain. La décision du renvoi du procès de Karim Tabbou a été prise par le magistrat en charge du dossier sur insistance du collectif des avocats de l’accusé. Ces derniers ont refusé que leur client soit jugé à distance. Le mis en cause est poursuivi, depuis septembre dernier, pour "atteinte au moral de l’Armée". Le procès de Karim Tabbou avait déjà été reporté les 6 et 27 avril, puis le 1 juin derniers. Pour rappel, l’Algérie par le biais de sa Mission permanente à l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse), s’est expliquée sur l’affaire de détention et de la condamnation du militant politique Karim Tabbou. L’Etat algérien a répondu le 29 mai 2020 dans un document de 13 pages au Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme, dont les rapporteurs spéciaux lui ont adressé le 14 avril dernier un questionnaire sur l’affaire Karim Tabbou, pour s’expliquer « au sujet d’informations qu’ils auraient reçues portant sur des allégations de l’arrestation, de détention arbitraire et de la condamnation de M. Karim Tabbou ». Dans sa réponse, l’Algérie s’est expliqué sur les raisons de l’arrestation de Tabbou, sa présentation devant le juge d’instruction, le déroulement de son procès, sa condamnation ainsi que les conditions de son incarcération. L’Algérie a rassuré dans sa réponse que la justice a respectée toutes les procédures prévues par la loi dans le traitement du dossier judiciaire du détenu en question. µ Concernant ses conditions de détention, la mission algérienne à l’ONU a écrit : « S’agissant des allégations faisant état de son isolement en détention, nous attestons qu’il ne fait l’objet d’aucune mesure d’isolement, ses avocats qui lui rendent visite matin et soir en est une preuve. L’isolement étant une mesure disciplinaire à l’égard des détenus qui ne se conforment pas aux règles de détention, et qui est une mesure prévue par la loi ». Sur le déroulement de son procès, la même source a précisé : « Les magistrats siégeant à cette chambre pénale ont estimé que le dossier (comme d’autres dossiers qui étaient enrôlés à la même audience) n’avait pas de raison de connaitre de renvoi dans la mesure où le prévenu était présent, ses avocats également, sachant que ces derniers étaient en connaissance parfaite du dossier depuis son début », lit-on dans le document. Elle a affirmé dans son rapport que le militant Karim Tabbou n’a pas été arrêté pour ses engagements politiques. « Contrairement à ce qui est rapporté, Tabbou n’a jamais été arrêté pour ses engagements politiques, bien au contraire, ce dernier active depuis des années déjà dans le champ politique algérien en s’étant toujours inscrit dans une posture d’opposition aux pouvoirs publics، sans pour autant qu’il n’ait été inquiété par une quelconque mesure restrictive, ni avoir subi de déboires ou des démêlés judiciaires pour ses opinions ou ses positions », a écrit encore la délégation algérienne. Et d’ajouter : « Mr Tabbou, à l’occasion des événements de 2019 qu’a connu l’Algérie, a sciemment enfreint le contrat social qui lui impose le respect des lois et des institutions de la république à l’occasion de ses activités politiques, tel qu’exigé dans toutes les sociétés démocratiques ». Dans le même document, il est écrit que Tabbou a distillé des discours incitant à la désobéissance civile contre les institutions de l’Etat « et notamment l’armée nationale, ce qui a conféré à ces discours un caractère pénal avéré ». « Trois enregistrements publics de M. Tabbou, mettent en exergue des paroles tendancieuses dirigées contre l’ANP », a ajouté la mission algérienne à l’ONU. Pour rappel, Karim Tabbou a été arrêté deux fois et placé en détention provisoire à la prison de Kolea (Tipaza) en septembre 2019. Son procès s’est déroulé le 4 mars 2020 au tribunal de Sidi M’Hamed (Alger) qui a rendu son verdict le 11 du même mois en le condamnant à un an de prison dont six mois ferme. Tabbou devait quitter la prison le 26 mars dernier, mais, la chambre pénale près la cour d’Alger l’a condamné en appel à une année de prison ferme le 24 mars. Commentaires


Jeune Indépendant
Publié la première fois le 30/06/2020 02:35
Rapport généré le 14/07/2020
Presse algérie

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