Le parlement chinois saisi d’une loi sur la sécurité nationale à Hong-Kong : Washington menace Pékin


Le parlement chinois a été saisi d'une loi sur la «sécurité nationale» destinée au territoire semi-autonome, secoué l'an dernier par un gigantesque mouvement de protestation. Cette législation sera étudiée durant la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP) qui s'est ouverte hier à Pékin, a annoncé le porte-parole de l’APN, Zhang Yesui. L’adoption de ce texte qui fait peu de doute, suscite déjà des remous au sein de l’opposition à Hongkong mais également du côté de la Maison blanche. «Je veux juste dire à la communauté internationale que ceci est la fin de Hong Kong», a réagi jeudi soir depuis le territoire semi-autonome le député pro-démocratie Dennis Kwok, accusant Pékin d'avoir «rompu sa promesse». Ce projet de loi entend renforcer les «mécanismes d'application» en matière de «protection de la sécurité nationale» dans l'ex-colonie britannique rendue à la Chine en 1997. Washington a aussitôt mis en garde Pékin contre cette loi qu’elle qualifie de «très déstabilisatrice». «Toute tentative d'imposer une loi sur la sécurité nationale qui ne reflète pas la volonté des citoyens de Hong Kong serait très déstabilisatrice et serait fermement condamnée par les Etats-Unis et la communauté internationale», a réagi la porte-parole de la diplomatie américaine, Morgan Ortagus. Quant au président, Donald Trump, interrogé à ce sujet, il a promis de réagir le cas échéant «de manière très forte». Le texte intervient près d'un an après le début de manifestations monstres à Hong Kong. D'abord dirigées contre la main-mise jugée grandissante de Pékin sur le territoire, elles s'étaient muées en demande d'autonomie supplémentaire. Le mouvement a donné lieu à des affrontements violents entre policiers et radicaux, ainsi qu'à de nombreux actes de vandalisme. Il a également stimulé un courant militant pour l'auto-détermination voire l'indépendance de la région. Une ligne rouge pour Pékin, depuis longtemps frustré de l'incapacité du gouvernement hongkongais à faire adopter une loi anti-subversion au niveau local. «Hongkong est une partie inséparable de la République populaire de Chine», a encore martelé jeudi dernier Zhang Yesui. Ce n'est pas la première fois que les autorités centrales tentent d'imposer une telle législation à Hong-kong. L'article 23 de la «Loi fondamentale», qui sert depuis deux décennies de Constitution au territoire semi-autonome, prévoit que la région se dote d'une loi interdisant «la trahison, la sécession, la sédition et la subversion». Mais la clause n'a jamais été appliquée. Car une grande partie de la population hongkongaise y voit une menace pour ses libertés. La dernière tentative de mise en œuvre de l'article 23, en 2003, avait échoué face à des manifestations dans les rues hongkongaises. Pour beaucoup d’économistes, la suppression du statut spécial de Hong Kong serait un coup dur pour les entreprises américaines. Selon le Département d'État, 85.000 citoyens américains vivaient à Hong Kong en 2018 et plus de 1.300 entreprises américaines y opèrent, dont presque toutes les grandes sociétés financières américaines. Déjà portées à leur paroxysme à cause des accusations mutuelles sur la gestion de la pandémie du coronavirus, et le volet commercial, les relations entre Pékin et Washington abordent un nouveau virage qui risque fort bien d’être incontrôlable cette fois-ci. M. T. et Agences


El Moudjahid
Publié la première fois le 23/05/2020 01:00
Rapport généré le 26/05/2020
Presse algérie

Plus d'articles