Haftar veut frapper les positions turques en Libye : Ankara met en garde


La Turquie a mis en garde jeudi contre toute attaque de ses intérêts en Libye par les forces de Khalifa Haftar après que son armée nationale libyenne (LNA) a menacé de répondre aux récents revers militaires en frappant des positions turques dans le pays. «Dans le cas où des intérêts turcs en Libye sont visés, cela aura de très graves conséquences», a déclaré le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy. Le chef de l'armée de l'air de l'ANL, Saqer al-Jaroushi, a déclaré dans une vidéo publiée dans la nuit sur les réseaux sociaux que «toutes les positions et tous les intérêts turcs dans toutes les villes occupées seront visés», ce qui, selon lui, serait la plus grande opération aérienne de l'histoire libyenne. La menace met en évidence les risques croissants d'une escalade plus large en Libye, où la Turquie soutient le gouvernement d'accord national (GNA) reconnu par les Nations unies dans un conflit contre l'ANL. Le soutien turc a aidé cette semaine le GNA à prendre une base aérienne importante près de Tripoli, à prendre le contrôle de villes de l'Ouest et à détruire plusieurs systèmes de défense aérienne fournis par la Russie. Cela a soulevé des questions sur la capacité de l'ANL à maintenir l'assaut des troupes du Maréchal Haftar et qui dure depuis un an déjà pour faire capituler la capitale libyenne sans un apport renouvelé de ses bailleurs de fonds externes, selon les analystes. Jeudi, le GNA a déclaré que ses forces avaient pris le contrôle d'Asaba, une petite ville dont la capture pourrait mettre plus de pression sur le plus important bastion de la LNA près de Tripoli, la ville de Tarhouna. Après cette succession de revers, l'ANL a également déclaré mercredi qu'elle se repliait aux abords de Tripoli Mardi, l'envoyée par intérim des Nations unies, Stephanie Williams, a averti que «l'afflux massif d'armes, d'équipements et de mercenaires vers les deux parties intensifierait, élargirait et approfondirait le conflit». À Moscou, le ministère des Affaires étrangères a déclaré que le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, et son homologue, russe Sergei Lavrov, s'étaient exprimés jeudi par téléphone pour soutenir un cessez-le-feu immédiat et la reprise du processus politique. R. I.


El Moudjahid
Publié la première fois le 23/05/2020 01:00
Rapport généré le 26/05/2020
Presse algérie

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