Sécurité alimentaire : Une priorité absolue


Le ministère de l'Agriculture et du Développement rural envisage d'étudier une série de mesures proposées par la Banque de développement local (BDL), en vue d'accompagner les agriculteurs, les acteurs économiques des secteurs public et privé touchés par la crise sanitaire en vue d’assurer la continuité de l’activité et d'entamer la prochaine saison à temps. L’ajournement des remboursements de prêts bancaires était parmi les mesures proposées, au profit des acteurs du secteur agricole comme mécanisme de facilitation et d’accompagnement des agriculteurs durant la crise de coronavirus. Le secteur agricole a été durement impacté par les effets liés au confinement et la restriction des déplacements empêchant le déplacement de travailleurs saisonniers essentiels à l’agriculture, note M. Hossame Eddine Ghodbane maître de conférences en management de l'économie à l'université Mohamed-Khider de Biskra. Pour l'universitaire, la sécurité alimentaire demeure une priorité absolue, et les mesures prises par les autorités publiques et l'assouplissement des mesures de confinement pour les producteurs ont permis d'assurer la continuité de la production et de l'approvisionnement des marchés et d'éviter ainsi, les phénomènes liés à la pénurie et la rupture de stocks. M. Ghodbane explique que le secteur agricole et celui de l'industrie de l’agroalimentaire, «figurent parmi les secteurs stratégiques dans la chaîne d’approvisionnement». À l'heure actuelle, note-t-il «pas moins de 35 milliards de dollars sont consacrés chaque année uniquement aux besoins alimentaires». Il ajoute qu'«avec l'effondrement des prix de pétrole et la chute des recettes, l'Etat ne pourra pas assurer, en cas de prolongement de confinement, les dépenses liées à l'importation des produits de première nécessité». M. Ghodbane note que la crise du coronavirus a remis le secteur au centre d'intérêt. Pour lui «la question de l’approvisionnement et de la continuité de la chaîne de production alimentaire est devenu une préoccupation politique de premier ordre». Il rappelle à ce titre les déclarations du ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Cherif Omari qui a affirmé, à plusieurs reprises que les stocks stratégiques de produits de large consommation étaient largement disponibles. «Alors que les agriculteurs s'apprêtent à la saison de production des céréales, de moisson et d'abattage, les autorités devront impulser le secteur agricole, en lui accordant les moyens et l'aide financière nécessaires», révèle M. Ghodbane, en affirmant que les autorités disposent de divers moyens d’action «pour proposer des aides financières et techniques aux agriculteurs, en leur fournissant également les semences et les plants d’arbres fruitiers». Pour lui, le gouvernement est dans l'impératif de réunir les acteurs économiques et les agriculteurs afin de tirer des leçons du confinement, et des expériences faites dans d'autres pays afin de prévenir à l'avenir des crises et assurer un approvisionnement régulier «en commençant par établir des dispositions juridiques et réglementaires spéciales pour faciliter la circulation des denrées alimentaires de base sur le territoire national et à l'importation». Il rappelle dans ce sens, les déclarations des responsables de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture sur l'importance de la préservation des chaînes d’approvisionnement comme priorités à l'heure actuelle.     Tahar Kaidi  


El Moudjahid
Publié la première fois le 23/05/2020 01:00
Rapport généré le 26/05/2020
Presse algérie

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